Gustave Akakpo

Gustave Akakpo est né en 1974 au Togo.

Il est auteur, illustrateur, plasticien, comédien, conteur et animateur culturel. Il est membre de l’association togolaise « Escale d’écritures », créée suite aux chantiers d’écritures organisés au Togo par l’association Ecritures Vagabondes. Il a participé à plusieurs résidences et chantiers d’écriture au Togo, en France, en Belgique, en Tunisie et en Syrie. Il anime de son côté des ateliers d’écriture en Afrique, dans la Caraïbe et en France avec, notamment, une forte implication en milieu carcéral.

Il a reçu de nombreux prix, notamment, le prix junior Plumes Togolaises au Festival de Théâtre de la Fraternité, organisé à Lomé, au Togo, le prix SACD de la dramaturgie francophone pour sa pièce La Mère trop tôt, le prix d’écriture théâtrale de Guérande 2006 pour sa pièce A petites pierres, le prix Sorcières pour son roman pour préadolescent Le petit monde merveilleux et le prix du festival Primeur pour sa pièce Habbat Alep.

Il a mené récemment une résidence d’écriture à la Maison d’arrêt de Fresnes, pendant dix mois, en partenariat avec le TARMAC de la Villette et le soutien de la Région d’Ile de France. Ses textes sont joués au Togo, Mali, Burkina Faso, Bénin, en France, Belgique et Italie.

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Bibliographie

Querelle au pays de l’alphabet ; album pour enfants (éditions Harmattan, 2003)

Titi la fontaine ; album pour enfants (éditions Harmattan, 2003)

Le cultivateur et le petit chimpanzé ; (édition Hahos, 2005)

Le petit monde ; roman pour préadolescents (éditions Grasset, 2007)

La mère trop tôt ; éditions Lansman dans la collection Ecritures vagabondes (2004)

Tac-tic à la rue des pingouins ; éditions Lansman (2005)

Catharsis ; éditions Lansman (2006)

Habbat Alep ; éditions Lansman dans la collection Ecritures vagabondes (2006)

A petites pierres ; éditions Lansman dans la collection TARMAC chez Lansman (2007)

Tulle, le jour d’après ; inédit

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Retrouvez les ouvrages de Gustave Akakpo sur le site de la médiathèque.

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Résumés des pièces

A petites pierres

L’histoire commence par un badinage ; un jeu « du chat et de la souris », comme il peut en avoir entre un garçon et une fille qui se retrouvent dans le noir un soir où il fait assez froid. Le garçon sait ce qu’il veut. La fille elle, porte ses rêves : rêves d’un ailleurs meilleur que son quotidien de fille au service de ses frères. Elle présente ses rêves au garçon, qui, sachant ce qu’il veut est prêt à consommer tous les rêves. Pourvu qu’il puisse, en fin de compte, se libérer des envies qui lui  ruminent les couilles. Ses paroles sont de miel et la fille se laisse prendre. Mais elle est fiancée à un autre homme. Le père de son futur époux la surprend  avec son amant d’un soir et demande réparation. Le jeune homme est condamné à payer une amende. La fille elle, doit payer de sa vie.

J’ai écris cette histoire parce qu’en 2002 et 2003 je recevais régulièrement dans ma boîte électronique des pétitions en faveur d’Amina Lawal, condamnée à la lapidation au Nigeria. A part signer et renvoyer le courriel à mon réseau d’adresses, je ne savait quoi faire. J’ai fini par écrire « A petites pierres »  pour me soulager un peu de ce sentiment d’impuissance. « A petites pierres », c’est ma part de cotisation à plus d’humanité.

Habbat Alep

Abou, le père, pour blanchir l’honneur de sa famille décide de marier sa fille à son jeune cousin.

La fille, en fait une femme, presque la quarantaine, a encaissé sa vie de jeune femme au service d’un père et d’une mère malades et retroussé ses rêves pour aider sa sœur et son frère cadets à tracer leur vie hors du toit familial. Elle avait rêvé, elle-même, d’une vie de famille, mais les années ont couru et laissé leur haleine sur elle, et dans son pays les hommes préfèrent les filles qui ont encore leur jeunesse à croquer à bout de dents.

Le jeune cousin, dont c’est la toute première venue au pays de son père, c’est le fils de l’absent. L’absent, c’est  le frère d’Abou, le père. Ce frère qui a dû quitter famille et pays et qui a creusé des années de silence entre lui et les siens.

En conditions normales de sa fierté et de sa quotidienne vie, Abou n’aurait pas accueilli son neveu, mais il n’a pas le choix ; ce cousin est la solution cuite à point, au grave péril qui met en joue l’honneur de la famille : la fille, suite à une aventure crue de chair, sans lendemain, sans visage vers lequel pointer du doigt, s’est prise une grossesse dans une société où il n’est pas honorable qu’une femme non mariée prenne une semence d’homme dans le ventre.

Le bouton d’orient (Habbat Alep), c’est un des noms donnés à la leishmaniose cutanée. C’est cette chose encore en incubation mais qui risque bientôt d’exploser à la surface. C’est cette impression qui m’a suivi durant mon séjour en Syrie.

La mère trop tôt

Une petite mère de treize ans conduit sa bande d’enfants perdus à travers une guerre qui n’en finit pas.  Elle-même a fini par s’habituer à cette guerre entre deux ethnies, les Bintis et les Bintous. Elle a appris les gestes à faire pour s’arranger avec les hommes d’un camp comme de l’autre, pour avoir la vie sauve et protéger sa famille : un père fou suite au viol de sa femme, deux frères aîné jumeaux, issus d’un premier mariage de la mère avec un homme de l’autre ethnie (l’un des jumeaux à les traits Bintis, l’autre ressemble aux Bintous), une petite sœur qu’elle a déguisée en garçon pour la protéger du viol.

A Lomé, je travaille dans une association (Brin de Chocolat), qui mène des actions en faveur d’enfants en difficultés. Mon chemin a pu croiser ainsi celui d’un enfant ayant fui la guerre du Libéria. Un enfant-soldat, sans doute. Il ne parlait pas beaucoup. Pourtant lui et moi sommes arrivés à nous dire des choses, à partager des instants en silence. J’ai écrit « La mère trop tôt » pour rompre ce silence, lui donner un peu de chair et de sang, pour qu’il puisse voyager et moins me tourmenter.

« La mère trop tôt » n’est pas une pièce sur les enfants-soldats. C’est la mise en voix d’une enfance volée.

Tulle, le jour d’après

Jean, ancien maquisard, ancien déporté de la guerre 1940-45, vit à Tulle avec sa belle-fille et son petit fils. Il a vu mourir sa femme en déportation tandis que son fils a été pendu par les SS.

Dans la région de Tulle, d’anciennes caches d’armes continuent à faire des victimes. Un seul homme connaît leur emplacement exact : l’ancien chef SS, le Oberstleutnant Bernhard. Mais il a perdu la mémoire. Un séjour dans la famille de Jean l’aiderait peut-être à la retrouver. Mais la présence d’un tel hôte ne replongera-t-elle pas la famille dans un passé douloureux pas si lointain ?

Catharsis

Une reine déchue accepte une purge symbolique pour que peut-être son continent renaisse du désastre… Figure multiple, la reine Ellè est en même temps prostituée de quartier, misérable fille-mère et matriarche tyrannique, étoile fugitive en même temps que caillou jeté dans la poussière. Ses trois fils, Ilèfou, Ilèki, Ilènoir, abandonnés, exilés ou livrés à la rue, viennent à tour de rôle lui demander des comptes et se purger eux-mêmes d’une naissance ratée sur un continent à l’abandon. La cour de la famille royale est réduite à deux clowns, un grand prêtre et un photographe, qui encadrent l’action et préparent le public avant que se déroule la cérémonie de rituel vaudou.

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